Comment c'est arrivé.

Comment c'est arrivé.

Noir.
Noir.
Noir chaud, doux.
Noir bonheur, paix.

Et puis cris, tourbillons, attraction. Les mots s'enroulent autour de ce qui n'est encore qu'une ébauche, la pousse vers la sortie, la compresse, l'étouffe. La première chose qu'elle voit, ce sont les couleurs. Des couleurs vives, fortes, criardes, blessantes. Et puis le bruit. Quelques sanglots de soulagement, un rire peut-être, et le tonnerre qui hurle sa malédiction au ciel noir d'un été.
Et comme cette marionnette est déjà trop vieille pour ce monde, elle crie avec l'orage, sa peau marquée par le fer brûlant du monde gris. Elle hurle, elle se débat, elle ne veut pas de ce monde de guerre et de rejet. Mais c'est déjà trop tard, voyez-vous. Elle est née il y a une poignée de secondes, et déjà elle se destine à mourrir.

Elle est morte-née, mais le vent l'a condamnée à respirer. Alors elle déambule entre les lignes, erre dans les phrases, pleure au coeur de chaques mots.

Ecoutez...

Ecoutez le vent chanter...

[Musique : When the Love falls - Yiruma]

[Le début est ici. La fin se rapproche à chaque mot.]

# Posté le vendredi 14 décembre 2007 14:52

Modifié le samedi 26 septembre 2009 12:20

Mad World.

Mad World.

Le monde crache, le monde hurle, le monde danse au rythme de musiques effrenées et insensées.
Le monde jure, le monde s'emporte, le monde frappe ses enfants et brûle ses parents.
Le monde est paranoïaque, complètement drogué, s'enfile des médicaments à la plaquette et frôle l'overdose tous les quarts d'heure.
Le monde conduit trop vite, ne freine jamais, renverse l'espoir, et recommence chaque matin.
Le monde fait semblant de tout gérer, tout comprendre, tout maîtriser, mais il ne réussit rien aussi bien que sombrer.
Le monde déclenche les guerre, tue ses voisins, et rit devant ses mains tachées de sang.
Le monde ne culpabilise jamais, rongé par la soif de dégénérer un peu plus toutes les heures, entraîné dans le tourbillon infernal de sa propre trahison.
Le monde se procure de l'adrénaline un flingue à la main, la mort au bord des lèvres.
Le monde entend mais n'écoute jamais, parle fort, ne se préoccuppe que de soi, et oublie les autres.
Le monde n'aime pas, il baise tout au plus, et le lendemain, se réveille dans des draps froids.

Le monde est fou, et moi encore plus.

[Musique : Regret - The Gazette]

# Posté le samedi 15 décembre 2007 05:45

Modifié le samedi 26 septembre 2009 12:27

S'il vous plaît.

S'il vous plaît.

Oh, s'il vous plaît, mentez-moi encore un peu, encore un tout petit peu. Même si ça fait mal, même si ça déchire parce qu'au fond, on a reconnu la douceur irréelle du mensonge, ses paroles suintantes de sucre, ses barreaux invisibles et blessants.
Oh, s'il vous plaît, enfermez-moi encore quelque instant dans une bulle d'espoir, une bulle si fine et si fragile qu'elle se brisera sous le poids de mes remords et m'entraînera dans le vide qui n'avait ni début ni fin.
Ce sera éphémère comme un flocon de neige, immense comme le soleil, douloureux comme un écartèlement, aussi beau qu'un sourire. Ca collera sur ma peau, engluera mes cils, fermera mes yeux, et créera des visions glucosées et rassurantes pour remplacer mes pupilles aveugles. Ce sera une illusion, une magnifique illusion. Et le mensonge se fanera comme une fleur, ses pétales sèches dans le vent, ses accusations sur mes vertèbres.

Encore juste quelques instants.

[Musique : Replay - Plastic Tree]

# Posté le samedi 05 janvier 2008 09:12

Modifié le samedi 26 septembre 2009 12:30

Folie blanche.

Folie blanche.


Ecris l'absurde sur mes lèvres en papier mâché, recrache ce
début de bon sentiment sur le goudron glissant, tu sais bien
que je préfère l'irréel.

Brise-moi les os, écorche ma peau et fend-moi le c½ur, tu sais
bien que j'aime ta douleur.

Avale mon bonheur et tourne jusqu'à en recracher tes poumons,
tu sais bien que la vie est un peu éc½urante.

Regarde-moi ?

[Musique : New Vogue Children - Schwarz Stein]

# Posté le samedi 10 janvier 2009 10:47

Modifié le mercredi 29 avril 2009 13:22

Les chaînes que j'accepte.

Les chaînes que j'accepte.

J'ai rêvé qu'on nous tendait la main, qu'on nous arrachait aux membres purulents de ce monde, qu'on nous donnait juste le choix. Il y avait tellement d'autres univers, luisants, scintillants, lumineux, des utopies suces, des paradis artificiels chatoyants, des îlots de paix tellement doux.

Et moi, du haut de mon nuage, je me suis dirigée vers cet amas de souffrance et de béton. Parce que finalement, un monde en ruine était ce qui me caractérisait le mieux. Il y avait une petite avancée grinçante, rongée par les lois-prisons. Le vent me fouettait le visage, et je sentait la pollution, la fumée, les cris et le sang. J'ai respiré, et l'air a réson dans mes poumons comme une interdiction.

Trop tard, je suis humaine depuis trop longtemps, maintenant.

[Musique : Pink Water - Indochine]

# Posté le lundi 04 février 2008 14:30

Modifié le samedi 26 septembre 2009 12:35